jeudi 24 janvier 2008

Coupable conservatisme

Deux artistes américains ont réalisé dans une galerie de la New York Public Library une installation qui fait scandale. Largement couverte par la presse américaine, l'exposition présente une série de photos chocs de Bush et de ses collaborateurs, de face et de profil, tenant une plaque d'identification de la police. Une date sur celle-ci, celle de leur déclaration la plus mensongère sur le dossier Irakien. La vidéo d'accompagnement est visible sur YouTube et assez saisissante. On y voit par exemple Georges Bush décrivant les efforts de Saddam Hussein pour acheter de l'uranium au Niger, une information qui s'est avérée mensongère. Sur la bande sonore, le bruit d'une porte de prison qui se referme également sur d'autres oeuvres engagées comme les dessins au crayon de Daniel Heyman sur les prisonniers irakiens maltraités par l'armée américaine.

mercredi 9 janvier 2008

Bush au Moyen Orient : les secrets d'un voyage

Volte face de la Maison Blanche dans sa confrontation avec l'Iran, guerre prolongée en Irak, blocage des négociations entre Israël et les Palestiniens, Bush a huit jours pour argumenter et négocier avec ses interlocuteurs au Moyen-Orient. Son principal problème, expliquer pourquoi il "est important de contenir les ambitions agressives de l'Iran" alors que ses services de renseignement viennent d'annoncer dans leur dernière synthèse (NIE) que Téhéran a arrêté en 2003 son programme nucléaire militaire. Plusieurs facteurs expliquent l'apparente contradiction que Bush doit aujourd'hui assumer. L'échec cuisant de la stratégie de Bush au Moyen Orient est aujourd'hui flagrant et il ne lui reste plus qu'à se comporter en colombe. Toute velléité de confrontation sérieuse avec l'Iran est désormais abandonnée. Bush a également fait savoir aux Russes qu'il n'interviendrait pas dans leurs zones d'influence. Il a même été jusqu'à envoyer une lettre amicale au dictateur de la Corée du Nord, un des pays de l'axe du mal. Le New-York Philarmonic Orchestra ira ce printemps jouer à Pyong Yang et Condi Rice, après avoir déclaré que l'Amérique n'avait pas d'ennemis permanents, se dit prête à aller en Iran, en Syrie ou en Corée du Nord. Les élections iraniennes qui se tiennent au printemps 2008 sont pour Bush une opportunité à ne pas manquer. En faisant baisser la tension internationale, il favorise les modérés. Quelques jours après la publication de NIE, le leader modéré Rafsanjani s'est livré dans un discours à l'université, à une attaque en règle de la politique du Président Ahmadinejad. Ce dernier a besoin de la menace américaine pour maintenir son autorité. Les modérés ont donc aujourd'hui de bonnes chances de gagner les élections ce qui bouleverserait la donne dans toute la région. Sur le terrain, la violence a diminué d'intensité en Irak, des milices chiites pro-iraniennes collaborent avec l'armée américaine qui vient de libérer 9 agents iraniens précédemment accusés de terrorisme et d'espionnage. La récente provocation menée par quelques chaloupes de Gardiens de la Révolution contre l'US Navy ne peut suffire à raviver les tensions. Le rapport du Renseignement américain permet de redonner une crédibilité aux services d'espionnage américains brocardés par la communauté internationale pour avoir nourri l'administration américaine d'informations fausses sur la présence d'un programme d'armes de destruction massive en Irak. Aujourd'hui, la CIA annonce fièrement qu'elle sait recueillir et analyser de nouvelles informations et n'hésite pas à contredire de précédentes analyses. Nous voyons que ces facteurs expliquent le virage à 180° de Bush sur le dossier iranien. Ils expliquent également le scepticisme des meilleurs alliés des Etats-Unis. Le MI6 anglais estime le rapport américain peu pertinent, Nicolas Sarkozy croit toujours que l'Iran prépare la bombe atomique, opinion partagée par les experts israëliens. Plusieurs commentateurs ont rappelé les multiples bourdes de la CIA pour ce qui concerne les prévisons en matière de dissémination nucléaire, qu'il s'agisse des évaluations fantaisistes de l'arsenal de l'URSS, de la surprise de la CIA quand l'Inde et le Pakistan ont réalisé leur premier essai nucléaire. Sans parler des bobards sur les armes de terreur de Saddam Hussein. Le problème de fond vient d'un fait simple rarement énoncé dans la presse. Il n'y a pas de frontière nette entre nucléaire civil et militaire, la meilleure manière d'acquérir le savoir-faire pour fabriquer la bombe c'est de développer un programme nucléaire civil. Aux pays voisins d'apprécier ensuite le niveau de risque impliqué par ce programme. Un exercice difficile pour peu que le pays intéressé soit un peu cachotier, c'est ce que les contorsins de Bush nous démontrent. Reste qu'il ne faut peut-être pas en conclure que l'Iran, soulagé de la pression américaine, suive une voie belliciste. Optimistes, nous pouvons espérer que le voyage de Bush et le rapport du NIE est la première étape d'une détente durable se concrétisant par deux attitudes symétriques. Un engagement de l'Iran de soumettre l'ensemble de son programme nucléaire aux contrôles de l'IAEA et un engagement des Etats-Unis à renoncer à l'organisation d'un renversement du régime iranien.

Editorial

Géopolitique des conflits, manipulations des opinions publiques, mobilisation pour la défense des droits de l'homme et de l'environnement ; à chaque fois l'image fixe ou animée est mise à contribition, affichée, commentée, truquée. Les photographies prises du ciel prouvent la dégradation rapide de notre éco-système, les vidéos prises par des téléphones portables témoignent des attentats urbains, les images satellitaires démasquent les programmes nucléaires clandestins, les paparazzi font sauter les barrières entre vie plublique et vie privée.
C'est de cette actualité que ce blog rendra compte allant chercher au-delà des apparences les ressorts cachés, les intentions derrière les images.

L'Amazonie disparue, indiens et explorateurs 1825-1930

À la fin du XIXe siècle, des dizaines d'expéditions scientifiques européennes se sont lancées à l'assaut de la dernière tache blanche des cartes de géographie : la légendaire forêt amazonienne. Au prix d'exploits insensés, conduits par une foi sans limites clans les bienfaits du progrès, ces explorateurs - comme les Français Coudreau et Crevaux, l'Allemand Steinen ou l'Italien Boggiani - ont relevé les cours des mille affluents de l'Amazone, identifié plantes et animaux inconnus, rencontré des tribus indiennes dont personne ne soupçonnait l'existence. C'est d'abord cette épopée que retrace Antoine Lefébure dans ce livre, illustré de superbes clichés d'époque, exhumés des bibliothèques et musées d'ethnographie. Mais il donne aussi à voir, en textes et en images, dans ses délires et atrocités, la phase de reconquête du " continent vert " au début du XXe siècle : étonnante aventure du colonel brésilien Rondon qui pacifia des dizaines de tribus hostiles pour installer en pleine forêt près de 5 000 km de lignes télégraphiques, fièvre du caoutchouc qui devait enrichir des villes comme Manaus et surtout réduire en esclavage les populations indiennes, construction du chemin de fer au cour de l'" enfer vert " dont on raconte que chaque traverse représente un cadavre d'ouvrier... Grâce à une iconographie originale, grâce aussi aux regards singuliers de l'écrivain Michel Braudeau et de l'ethnologue Patrick Menget, c'est une " autre Amazonie " que ce livre nous invite à découvrir, celle d'Indiens tour à tour idéalisés, diabolisés, considérés comme gênants ou comme une main-d'œuvre à bas prix. Des Indiens qui luttent aujourd'hui pour préserver leurs cultures traditionnelles et qu'il s'agit de protéger contre les modèles destructeurs de la civilisation moderne.

Editions La Découverte, Date de parution : 3 mars 2005, 224 pages

Explorateurs photographes, Territoires inconnus 1850-1930.

sous la direction d'Antoine Lefébure

Des photographes explorateurs à l'assaut de mondes inconnus : ce livre conjugue deux moments inauguraux au coeur du XIXème siècle, l'essor du reportage photographique et les découvertes de territoires et de peuples quasi ignorés des Occidentaux.
Des photographes explorateurs à l’assaut de mondes inconnus : ce livre conjugue deux moments inauguraux au cœur du XIXe siècle, l’essor du reportage photographique et les découvertes de territoires et de peuples quasi ignorés des Occidentaux. À travers quelque 220 photos, et textes à l’appui, est ici restituée l’œuvre aussi spectaculaire que rocambolesque de 30 explorateurs français, offrant au lecteur du XXIème siècle des images véritablement extraordinaires de mondes disparus.
Elles ont été choisies parmi plus de 100 000 photographies de fonds prestigieux, méthodiquement consultés pour la première fois (Société de géographie, Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, Musée de l’homme, ministère des Affaires étrangères...).
L’on retrouvera ici : Victor Segalen, poète photographe dans les steppes de l’Asie centrale ; Alexandra David-Neil au Tibet ; Charles Édouard Hocquard, médecin humaniste en Indochine ; Désiré Charnay, à Madagascar, mais qui fut aussi le premier à photographier les vestiges de la civilisation Maya ; Charcot à la conquête des pôles... Et bien d’autres encore, sans oublier... Arthur Rimbaud, dont on découvrira le parcours photographique absolument méconnu en Abyssinie.
Explorateurs photographes, Territoires inconnus 1850-1930.
Editions La Découverte, 2004
Critique du livre sur
Lire

Trésors photographiques de la Société de Géographie

sous la direction d'Olivier Loiseau

Pour la première fois sont réunies les images les plus saisissantes et les plus significatives du fonds de la Société de géographie. Oeuvres de voyageurs, explorateurs et géographes français et étrangers, elles constituent des témoignages extraordinaires d'une époque révolue. Les collections photographiques de la Société de géographie, exceptionnelles par leur originalité et leur diversité constituent une source unique pour l'histoire des voyages et des découvertes au XIXe siècle et première moitié du XXe siècle.
Antoine Lefébure a collaboré au dossier Photos d'exploration.

Editions Bibliothèque Nationale de France/Glénat, octobre 2006. 240 pages.

D'encre et de Lumières, itinéraires secrets dans la bibliothèque du Sénat.


Sous la direction scientifique de Frédéric d'Agay, photographies de Jérémie Bouillon.

D'encre et de Lumières propose aux lecteurs un chemin insolite pour parcourir l'Histoire de France. Des itinéraires secrets dévoilent les collections uniques de gravures, d'estampes, de recueils d'expéditions et d'atlas de voyages, d'éditions originales, de pamphlets, d'archives, de comptes rendus, et même de photographies qui font de la bibliothèque du Sénat l'une des plus belles bibliothèques d'Europe.
Pour la première fois, nous pénétrons au sein de cette bibliothèque peu connue. Nous y découvrons non seulement la coupole de Delacroix, mais également une collection unique de 400 000 volumes commencée sous le Sénat conservateur du Ier Empire, enrichie par la Chambre des pairs, puis régulièrement complétée par le Sénat impérial puis par le Sénat de la République.
C'est à travers ces collections hétéroclites et suivant un parcours chronologique qu'ont été choisis 54 « trésors » qui racontent l'histoire des Français et l'évolution du livre. Citons : recueils de gravures de Piranèse ou Clérisseau, le Sacre de Louis XV, des libelles révolutionnaires, des caricatures inédites des pairs de France, des manuscrits de Victor Hugo et de Jean Jaurès ou les photos inédites du reboisement de la France de 1877.
Ces trésors sont mis en lumière par des sénateurs : Christian Poncelet, président du Sénat, René Garrec, Jean Faure, Michel Charasse, Robert Badinter, Jean François-Poncet, Pierre Mauroy, Jack Ralite, Catherine Tasca, Jacques Valade ou Serge Vinçon ; des auteurs prestigieux : Élisabeth Badinter, Henri Amouroux, Jean Cluzel ou Antoine Lefébure ; des historiens de l'art comme Arlette Sérullaz ou Antoine Pérouse de Montclos ; des historiens : Jean Tulard, Michel Vovelle ou Emmanuel de Waresquiel ; Philippe Gavi, journaliste, ou encore Bertrand Piccard. Cet ouvrage a été placé sous la direction scientifique de Frédéric d'Agay et servi par les photographies de Jérémie Bouillon qui nous plongent dans la sensualité des papiers, des reliures et des encres. Avant-propos de Christian Poncelet, président du Sénat.

Editions La Martinière, 2005, 295 pages

Conversations secrètes des Français sous l'Occupation

Les archives de l'Occupation réservent encore des surprises de taille. Ainsi le régime de Vichy a-t-il systématiquement ouvert le courrier des Français et écouté leur conversations téléphoniques en mobilisant des milliers de fonctionnaires qui opéraient clandestinement. Ce travail d'espionnage représente aujourd'hui une formidable masse de documents totalement inédits, témoignages exceptionnels sur l'époque la plus trouble de notre histoire nationale.

Ces échanges "volés", sélectionnés et resitués dans leur contexte tracent une chronique saisissante des années noires : descriptions de l'exode et de la défaite, récits au jour le jour des mille difficultés de la vie quotidienne, lettres de prisonniers, de travailleurs en Allemagne autant de témoignages d'un pays qui souffre et se plaint. Ces documents interceptés permettent également de mieux comprendre la politique de l'occupant allemand, l'état d'esprit des simples citoyens comme celui des résistants ou des collaborateurs, les étapes de la persécution des Juifs. Des histoires où se mêlent témoignages bouleversants, banalités du quotidien et récits épiques révèlent une France en guerre à la fois inconnue et au plus près de la vérité.
Plon, 1993. 434 pages.

Havas, les arcanes du pouvoir,



Le livre met en scène du XIXème siècle à nos jours les relations complexes entre le pouvoir politique , les grandes entreprises et les organes d'information. Triangle des pouvoirs institués par le génial entrepreneur Charles-Louis Havas, dès 1830 et qui perdure aujourd'hui.
A travers les vicissitudes de l'agence Havas défilent deux siècles d'histoire : le monople de l'information, la censure, la corrution de la presse, l'essor de la publicité, les batailles contre le monopole des ondes, Canal Plus. La grande épopée des médias si étroitement liée aux pouvoirs économiques et politiques et ici analysée de l'intérieur. Ce livre est un véritable délit d'initié.
Editions Grasset, 1992. 406 pages. Havas, les arcanes du pouvoir par Antoine Lefébure.

Biographie

Antoine Lefébure est historien des Media et auteur d'ouvrages sur l'histoire de la communication.

Avec une maîtrise d’Histoire contemporaine sur « Le rôle de la radio en France pendant la seconde guerre mondiale » (mention très bien) en 1973 et un Doctorat d’Histoire Contemporaine sur « Le monopole d’Etat et l’histoire du télégraphe et du téléphone en France » (1793/1880) en 1979 à Paris I-Nanterre, je démarre ma vie professionnelle.

1971/1973 : Journaliste à Europe 1 et professeur d’Histoire géo à l’Institut Chauveau.
1973/1974 : Assistant au département Sciences politiques – Paris VIII
1979 : Consultant auprès du groupe TMO, société de marketing, sur les banques de données.
1980/1987 : Havas. Responsable des Nouvelles technologies à la Direction du Développement 1980/83. Directeur de la prospective – avec notamment l’étude et la création de Canal Plus 1984/87.
1987/2003 : TMS. Etudes et montages de projets dans les domaines de l’audiovisuel, de la culture, des télécommunications et du multimédia.
(SJTI, INA, DREE, PTT, Thomson, Générale des Eaux, Ministère de l’Armée, Ministère de la Culture, Mairie de Paris…)
Et dans le cadre des projets Internet (IFOP, SIG, Bull, UCAD, Michelin…)
Depuis 2004, je me partage entre des activités de consultant sur les nouveaux media et la réalisation d'ouvrages et de films documentaires.

Mes publications

• Interférences. Revue trimestrielle de prospective sur les media. 1976.
Havas, les arcanes du pouvoir. Grasset, 1992.
Les conversations secrètes des Français sous l’Occupation. Plon, 1993.
Explorateurs photographes, Territoires inconnus 1850-1930. Editions La Découverte, 2004.
L'Amazonie disparue, indiens et explorateurs 1825-1930. Editions La Découverte, 2005.
Trésors photographiques de la Société de Géographie. Editions Bibliothèque Nationale de France/Glénat, octobre 2006.
L'Affaire Snowden, Comment les Etats-Unis espionnent le monde. Editions La Découverte, 2014.

Mes expositions• Novembre 1985. Exposition au Musée des Arts et Métiers. Interférences - Deux siècles de communication à distance.
• Mémorial de Caen. Montage de l’espace Radiodiffusion et Radiocommunications pendant la seconde guerre mondiale.


Les grands moments, les grandes causes, les grandes rencontres de mon existence.
1968 : La révolution de mai 68.Ma 1ère année d'Université à Nanterre est mémorable. 1968 ! L'année révolutionnaire pour un étudiant épris de liberté et agitateur né, l'occasion est trop belle. Je participe à toutes les manifs et notamment à l'occupation du bureau du doyen le 22 mars. Jean-Jacques Lebel vient nous expliquer qu'il faut faire une révolution culturelle comme l'avaient souhaité Dada et les surréalistes. Une perspective qui m'enthousiasme plus que le délire pro-ouvrier des maoistes. Quelques semaines plus tard c'est mai 68. Pendant 2 mois je vais vivre avec intensité les épisodes des événements. Je fréquente Sartre, Virilio, Baudrillard, Godard grâce à mon ami Omar Diop. Je dors sur une banquette d'un bureau de l'Odéon occupé et me nourrit de sandwichs dans la cour de la Sorbonne. En juillet de la même année, nous poursuivons notre agitation au Festival d'Avignon, sous l'oeil perplexe de Jean Vilar et avec la complicité du Living Theater nous investissons la ville.En août, à Londres avec Omar, je rencontre Godard qui filme les Rolling Stones et découvre la musique des Pink Floyds, la Marijuana et la presse underground OZ et IT. Cela fera de moi un spectateur assidu de tous les rassemblements de l'époque, Woodstock, île de Wight, Amougies...
Le retour à Nanterre en septembre sera un peu dur. Nous sommes dans le collimateur des policiers, des appariteurs musclés, des indics et des fascistes, tous bien décidés à prendre leur revanche après la grande peur de Mai. Le gauchisme, je m'en rends très vite compte, ne fait pas le poids.

1972 : Je cherche de nouveaux horizons et vais passer une année sur le campus de Berkeley (CA). Là aussi la contestation bat son plein pour mon plus grand plaisir.

1973. Sur ma bonne mine, Jean-Edern Hallier me prête sa Lancia pour aller faire des reportages sur les luttes ouvrières en Normandie et la jacquerie paysanne dite "la guerre du lait" publiés dans l’Idiot international.
Ma passion pour l'histoire se double maintenant d'une passion pour l'information. Je fais des reportages pour Libération (la grève des mineurs en Grande-Bretagne) et découvre l'intérêt d'écouter les communications de la police pour être au courant de tout avant tout le monde. A la grande fureur des autorités, je fais la promotion de ce genre de hobby dans les colonnes du quotidien.

1975/1976 : La revue Interférences.
Pour développer toutes les possibilités alternatives de l'électronique, pour réaliser en France les radios pirates dont je rêve, je lance en 1975 une revue nommée Interférences qui connaîtra un grand succès auprès d'un petit cercle déjà sensibilisé. Il est vrai que de parler de piratage informatique, d'écoute électronique, de radios libres à cette époque suscite peu d'échos. Le milieu gauchiste considère cela comme un délire de techniciens, les professionnels du domaine ne comprennent pas de quoi nous parlons. Pourtant se rassemble autour de la revue un groupe hétéroclite de passionnés qui sont aujourd'hui à tous les carrefours des industries de la communication. Contrairement à toute attente, la revue aura 12 numéros uniquement financés par les ventes et grâce au travail bénévole des animateurs. C'est de ce vivier que naîtra le mouvement des radios libres.
Ont contribué à cette revue : Aigrain Philippe, Arno Tony, Bessis Jean-Louis, Braudrillard Jean, Burroughs William S., De Legges Jean, Dick Philip K., Flusser Vilem, Hallier Jean-Edern, Lorrain Philippe, Mandin Francis, Pinhas Richard, Ronai Maurice, Simonnet Dominique, Spinrad Norman.

1977 : Radio Verte et le combat pour les Radios Libres.
Avec la petite équipe rassemblée autour de la revue Interférences, nous montons en 1977, une vaste offensive contre le monopole de la radio télévision d'état. Ce sera Radio Verte dont la 1ère émission aura lieu le 13 mai 1977 marque le lancement du mouvement dit "Des radios libres" qui mettra quatre ans à triompher. Nous créons l'ALO, l'association pour la libération des ondes, pour nous assurer des soutiens politiques. Nous sommes soutenus par Umberto Eco, Pierre Jeanson-Ponté, Gilles Deleuze, Félix Guatari, Serge July, Jean-François Bizot.

1980, j'intègre le groupe Havas dont je prends la direction du développement (nouvelles technologies, banque de données, CD ...) Canal Plus, sera la plus profitable de nos élucubrations. Pour assurer le succès de la chaîne, je recrute le meilleur de nos ingénieurs du temps des radios libres, Sylvain Anichini. C'est lui qui mettra au point le décodeur.
En 1988, Mitterrand est réélu, le RPR place ses amis et je vole vers de nouvelles aventures.
De cette période me restent des amitiés, Jean-Hervé Lorenzi, Léo Scheer, Marie Castaing.

1987, je commets un article dans Libération dénonçant le mauvais choix de la France en matière de satellite. (voir les articles dans Libération ). J’ai quitté le groupe Havas et n’ai plus d’obligation de réserve.

1989/1990, Etude dans le cadre des grands travaux de François Mitterrand d’un Musée de la Nation et d’un transfert du siège du gouvernement aux Invalides.

1990, Dans une interview dans le Monde je dénonce le manque de coordination et de moyens de l’Etat pour la télévision en haute définition.

1992, la publication du livre Havas, les arcanes du pouvoir en dérange quelques uns mais m’assure de solides complicités.

1994, dans un article dans Capital, je suggère de libérer les initiatives privées pour contrecarrer l’action néfaste des monstres technico-administratifs (TDF, Thomson, Cnes).

1997, l’Internet doit décoller en France, j’explique qu’il est grand temps d’abandonner le Minitel et de prendre la bonne habitude de faire circuler l’information.

Quelques éléments en images

La 1ère diffusion de Radio Verte


Au balcon de l’appartement de Jean-Edern Hallier, place des Vosges , le 13 mai 1977, la 1ère diffusion de Radio Verte. On reconnaît de gauche à droite : Alain Hervé, Brice Lalonde, Sotiris, Jean-Luc Léon et Antoine Lefébure.







Un film, LIBRE ANTENNE, documentaire de 52 mn, de Matthias Sanderson et d’Antoine Lefébure. Novembre 2003.
Le documentaire LIBRE ANTENNE propose à travers des documents originaux et inédits de rendre
compte de l'émergence en France des radios pirates dites « libres » de 1978 à 1981.
A cette époque, celle du monopole des ondes, celle de la censure et de la saisie des émetteurs, une bande de pionniers s’inspirent des radios off-shores anglaises et de l’éclatement du monopole italien pour tenter, à leur tour, une même aventure sur le territoire français.
Regroupés au sein de l'ALO, Association pour la Libération des Ondes, ces animateurs de radio Ivre et de radio Verte, puis de Carbone 14, de Radio Libertaire, de Radio Libertaire, de Radio Mégalo, de RFM, de radio Cité Future, de Radio Nova et de NRJ sont tous les principaux inventeurs de la FM et des radios locales privées qui aujourd'hui, dominent le paysage radiophonique de l'hexagone. Ils partageaient tous les mêmes frustrations, face à une offre restreinte et balisée, le même appétit de nouveautés musicales, de paroles libres et iconoclastes, bouleversant les habitudes, pour inventer un autre rapport à l'auditeur, une nouvelle offre de programmes.
Vingt ans plus tard, devant la caméra de Matthias Sanderson et d'Antoine Lefébure, ces précurseurs témoignent de leurs espoirs, de leurs désillusions, de leurs réussites ou de leurs échecs, à travers leurs souvenirs du temps des balbutiements de la bande FM.
Avec : Jean-François Bizot, Jean-Paul Baudecroux, Christophe Bourseiller, Michel Creis, Georges Fillioud, Jacques Fillioud, Michel Fiszbin, Jean-Marc Fombonne, David Guez, Jean-Marc Keller, Antoine Lefébure, Francis Mandin, Robert Ménard, Supernana, Andrew Orr, Patrick Van Troeyen
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Interférences - une exposition au Musée des Arts & Métiers.
Deux siècles de communication à distance. Novembre 1985.
Inauguration de l'exposition par Jack Lang, Ministre de la Culture au coté d'Antoine Lefébure, commissaire de l'exposition.







Catalogue de l'exposition